DEVENIR ÉDITRICE

Récemment, à la fin de 2016, vous avez pris la décision de créer votre maison d’édition. Que s’est-il passé ? 

Je dirais qu’il s’agit, pour moi, d’un cheminement normal. Ma carrière antérieure de 35 ans dans la fonction publique fédérale comportait de nombreux postes de direction. La gestion de projet demeure l’une de mes forces. Pourquoi ne pas utiliser mes apprentissages au cours de ces années, maintenant, dans le développement de ma carrière en assumant les fonctions d’éditrice  ? De plus, j’ai énormément appris dans les quatre dernières années, sous le coaching de Marie Brassard, l’éditrice de la série Le Pays de la Terre perdue et du recueil des Nouvelles du Pays de la Terre perdue. Nous continuons d’ailleurs à travailler ensemble plus la promotion de la collection. J’étais prête. Pourquoi ne pas le faire, alors ?

Si ça allait bien avec la maison Véritas Québec, pourquoi briser une formule gagnante ?

Je vous corrige. Il n’y a rien de brisé. Ça va toujours bien avec la maison Véritas Québec. Nous demeurons partenaires pour la promotion et la distribution des livres de la collection Le Pays de la Terre perdue et du recueil des Nouvelles qui a suivi. 

En fait, la vie et les évènements ont simplement facilité ce changement. En 2016, deux choses se sont produites : 

  • Avec la collection de six tomes et du recueil de nouvelles, je devenais de plus en plus inconfortable à me retrouver avec une douzaine d’autres auteurs dans un même kiosque. Je manquais de place. J’étouffais. J’avais aussi besoin de prendre le contrôle sur cette facette du métier. Un essai de louer mon propre stand dans quelques salons du livre m’a convaincue. Malgré les coûts, j’ai trouvé cette expérience en mode autonome enrichissante, très stimulante et fort bénéfique. J’ai simplement ajouté ce volet de gestion dans mon modèle d’affaire de « Suzie Pelletier auteure ».
  • À cette époque, j’ai aussi commencé à travailler sur un projet d’écriture de trois Novellas (chacune d’une longueur de 25 000 mots). Je voyais cette aventure de façon très précise : nouveau format, nouveau style, nouveau genre, nouvelle image, nouveau modèle de distribution du livre. J’ai vite compris que mon projet ne cadrait pas avec les lignes d’affaires et les choix éditoriaux de la maison Véritas Québec. Ce n’était pas à elle de s’adapter à mes besoins, mais plutôt à moi de prendre mon envol. 

Le choix s’est fait naturellement. Une longue réflexion a suivi ces évènements. J’ai fait beaucoup de consultations auprès de mes pairs. J’ai effectué une recherche imposante des lois, les règlements, les modèles d’édition et bien d’autres. J’ai fait de nombreux calculs. Je voulais bien comprendre toutes les avenues de ce changement important dans ma carrière d’écrivain. Tout ça m’a rassurée.

J’ai décidé que, tant qu’à plonger dans ce nouveau projet d’écriture, il me fallait suivre aussi mon instant et y aller à fond. La maison Éditions du défi a été créée en novembre 2016 comme un centre d’affaires qui appartient à Suzie Pelletier auteure. 

L’année 2017 devient charnière dans mon développement d’écrivain. Une nouvelle aventure fort stimulante commence. J’apprends tous les jours. Je rencontre des gens intéressants toutes les semaines. Les lecteurs me suivent. 

Peut-on s’attendre à ce que vous acceptiez bientôt des manuscrits d’autres auteurs dans les prochains mois ? 

Parlons plutôt d’années. Il demeure que l’apprentissage est très important. Faire sa place dans le monde de l’édition au Québec est difficile. Les éditeurs sont nombreux. Il y a les agréés et ceux qui ne le sont pas. Je devrai répondre à plusieurs questions avant d’accepter de publier un livre de quelqu’un d’autre. 

Pour le moment, mes propres projets me permettent d’établir mon modèle d’affaires, les lignes éditoriales de la maison d’édition, les normes essentielles au travail d’édition. 

Mes projets remplissent mon calendrier pour les prochains deux ans. Par la suite, je verrai où l’aventure m’amène.

Dernière modification : 3 avril 2017

© Suzie Pelletier 2012