L'ÉCRITURE… MÉTHODE

Vous avez écrit la série en 18 mois. La collection a été publiée en trois ans. C’est plutôt rapide. Est-ce l’histoire d’une seule série ? 

Oui c’est rapide. Du début de l’écriture à la sortie du tome VI, il n’y aura eu que quatre ans et demi. C’est époustouflant et enivrant. J’ai déjà décidé que, pour le prochain roman qui trotte dans ma tête depuis déjà quelques mois, je prendrai mon temps, pour savourer chaque moment. Je souhaite également arriver à développer mon idée en un seul tome. UN MAGNIFIQUE DÉFI !

 On me demande souvent pourquoi j’ai écrit la première série si vite. IL faut d’abord expliquer que j’écris depuis fort longtemps : des récits de voyage, des nouvelles. Depuis la retraite, il y a eu l’ouverture du blogue « La vie est belle » qui comprend maintenant plus de 500 billets; puis je dépose régulièrement de vieux récits de voyage sur ma page wattpad.com. J’écris également, à titre de blogueuse, sur le Huffington Post Québec

Quand l’idée qui a donné naissance à la série a germé dans ma tête, je n’ai pas eu le choix. Je l’écrivais… ou je tombais dans la folie ! C’était étrange, essoufflant, mais très stimulant. J’ai découvert une passion qui sommeillait en moi. J’avais le temps, l’information nécessaire et la volonté de l’écrire rapidement. Je pense que l’aventure se préparait en moi depuis fort longtemps même si je ne le comprenais pas encore. 

Les romans de la série «  e Pays de la Terre perdue » sont mes premières publications, mais ça ne s’arrêtera pas là. L’expérience a ouvert une valve qui ne se referme plus. Dans mes tiroirs, il y a de nombreux textes; des nouvelles pour la plupart, mais aussi des récits en tout genre. 


Est-ce que votre méthode d’écriture est séquentielle, c’est-à-dire en commençant au début de l’histoire et en terminant à la fin ? 

Je suis heureuse quand mes moments d’écriture deviennent chaotiques. L’idée, parfois plus d’une, se présente en bribes décousues parfois sans liens apparents. Je suis bien quand ce processus me désoriente. C’est probablement pourquoi j’aime écrire des nouvelles. Un fait anodin devient, par le truchement d’une réflexion fort désordonnée, un texte cohérent, un livre ou, même, une série. J’adore cette partie de l’écriture que j’appelle « le premier jet ».

Curieusement, la série Le Pays de la Terre perdue a été écrite de façon séquentielle, le premier jet d’un seul coup. Bien sûr, j’ai présenté une version plus raffinée à mon coach, Marie Brassard, des Éditions Véritas Québec.

La collection « Vengeance » (Éditions du Défi) qui comprend trois livres (La vengeance d’Amélie, La fuite d’Emma et Le Destin de Nancy) provient d’une nouvelle écrite d’un trait dans les années 70 et qui avait comme fondement une situation bien réelle. Modifiée et modernisée, cette nouvelle est devenue une novella qui a donné naissance à deux autres. Une quatrième est en gestation. 

J’ai écrit deux recueils de nouvelles (Des nouvelles du Pays de la Terre perdue — 2016 et un autre en mode de travail) en puisant dans les textes et les nouvelles déjà écrits, créant les morceaux qui manquent pour faire un tout cohérent.  

Quant aux nouvelles, elles sortent régulièrement de ma tête. C’est plus fort que moi. Je dois l’écrire. D’ailleurs, le recueil sur lequel je planche présentement pourrait bien s’appeler « Toutes les niaiseries que j’écris durant mes voyages ». Ça dit tout. 

Cette période de cacophonie verbale très chaotique est suivie par une longue période de travail pour donner de la cohérence au texte. Jean-Jacques Pelletier, dans son essai « question d’écriture » présente cette phase comme de la « réécriture ». Pour moi, c’est un peu comme de peindre une toile et j’aborde cette phase avec frénésie. Je crée d’abord un fond plutôt uniforme, puis on ajoute des pièces de l’image. C’est le premier jet. Au fur et à mesure que l’on ajoute des couleurs, l’œuvre change de forme, se stabilise et, surtout, s’enrichit. Puis on ajoute de la lumière et des émotions. Je défais et refais le texte, j’ajoute, j’enlève, je brosse. 

Cette phase dure aussi longtemps qu’elle me stimule. Je change un mot, un ton et la scène change. Je me plais à jouer avec les images et les émotions. Tout finit par se fondre dans un tout cohérent.  


Vous avez plusieurs fois mentionné que vous n’aimiez pas les cours de français à l’école. Maintenant que vous écrivez à temps plein, regrettez-vous ? 

Ce que je n’aimais pas, c’était la mécanique de la grammaire. J’adorais écrire, inventer des récits, mais je ne voyais pas la nécessité de suivre la convention qui nous obligeait à mettre un « s » à « pomme » quand j’écrivais « un sac de pommes ». Pour moi, je trouvais évident qu’il y avait plus qu’une pomme dans un sac… sans ajouter le « s ». J’utilise maintenant tous ces principes pour mieux écrire, mais j’ai maintenant des outils (dont Antidote) pour y arriver plus facilement. De plus, en retournant sur les bancs d’école, ou plutôt de l’université, j’ai compris que mes connaissances en français et en littérature valaient aussi bien que celles accumulées par nos diplômés de baccalauréat en littérature d’aujourd’hui. Ça m’a rassuré, mais je continue d’apprendre tous les jours. Pour devenir meilleure.


Est-ce que votre méthode d’écriture comprend la mise en place d’un plan précis ? 

Pas tout à fait. Quand je commence un écrit, je préfère laisser libre cours à mon imagination. Souvent, il s’agit d’un thème, parfois un évènement, une scène, un article fait surgir des idées dans ma tête. Le premier jet est rarement organisé. Ce n’est qu’à la deuxième ou troisième révision que je commence à organiser les informations pour en tirer une cohérence. 


 Si vous avez une autre question sur l’auteure ou son œuvre, n’hésitez pas à utiliser la page « me contacter » pour la poser.



                                                                                                                                                       Dernière modification :  3 avril 2017

© Suzie Pelletier 2012